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Coronavirus/France-Le patronat craint l'impact des nouvelles restrictions, espoir pour mi-mai
information fournie par Reuters 01/04/2021 à 13:10

(Actualisé avec précisions sur le régime d'activité partielle en cas d'impossibilité de télétravailler)

PARIS, 1er avril (Reuters) - Les principales organisations patronales françaises ont fait part de leur inquiétude concernant l'impact sur les entreprises des nouvelles restrictions annoncées mercredi par Emmanuel Macron pour tenter d'endiguer la troisième vague de l'épidémie de COVID-19 en France.

Le président de la République a notamment annoncé l'élargissement à l'ensemble du territoire métropolitain de la fermeture des commerces non-essentiels et celle des établissements scolaires pour trois semaines.

"Ce nouveau confinement va être terrible pour les secteurs fermés. Ce doit être le dernier. Ouvrons les tous le 15 mai", a commenté sur Twitter mercredi soir le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.

De son côté, la CPME (Confédération des petits et moyennes entreprises) a prévenu jeudi que ces mesures "auront des conséquences importantes pour de très nombreuses entreprises, et ce, bien au-delà des 150.000 commerces déjà fragilisés, qui devront à nouveau garder le rideau baissé".

"On peut légitimement s'interroger sur la pertinence de ces mesures dans les départements qui connaissent un taux quasi inexistant de circulation du virus", observe la CPME dans un communiqué.

Selon une estimation publiée jeudi par l'assureur-crédit Euler Hermes, les mesures mises en place pour les quatre prochaines semaines "auront un impact négatif de -1,5 point" sur le produit intérieur brut (PIB) du troisième trimestre, principalement en raison de la fermeture des écoles (-1 point), la contribution négative de la fermeture des commerces non-essentiels dans toute la France s'élevant à -0,5 point.

L'activité économique du mois d'avril 2021 devrait selon Euler Hermes se situer 10% en deçà de son niveau de fin 2019, contre -5,6% en mars 2021 et -30% en avril 2020.

AU MOINS UN MILLION DE SALARIÉS DE PLUS EN ACTIVITÉ PARTIELLE

Face aux inquiétudes, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a assuré dans un communiqué publié mercredi soir que le gouvernement "continuer(ait) de tout faire pour protéger les salariés et les entreprises".

L'Etat continuera donc de rembourser aux entreprises les salaires versés à leurs employés en chômage partiel jusqu'au 30 avril, à 100% pour les secteurs les plus sinistrés soumis à une fermeture durable et à 85% pour les autres secteurs.

"Suite à la fermeture des établissements scolaires et des crèches, les salariés dans l'impossibilité de télétravailler pourront également bénéficier de l'activité partielle pour garder leurs enfants", une possibilité ouverte pour un seul parent par famille, est-il aussi précisé dans le communiqué du ministère du travail.

En pratique, un salarié peut donc, en fonction de sa situation personnelle (enfant en bas âge l'empêchant de télétravailler par exemple), demander à son employeur d'être placé en activité partielle, a-t-on expliqué au ministère, en précisant que le reste à charge zéro pour les entreprises visait à "faciliter les choses".

Selon les dernières données publiées jeudi par la Dares (Direction des études et des statistiques du ministère du Travail), 2,1 millions de personnes (soit environ 11% des salariés du privé) relevaient en février de ce dispositif communément appelé "chômage partiel".

ESPOIR POUR LA MI-MAI

Avec la fermeture de 150.000 commerces non-essentiels, "hors garde d'enfants, nous aurons probablement un million de salariés de plus en activité partielle soit environ 600 millions d'euros de coût supplémentaire", indique-t-on jeudi au ministère du Travail.

L'impact du dispositif d'activité partielle pour garde d'enfant est en revanche impossible à estimer dans l'immédiat, a précisé le ministère en évoquant une réunion d'organisation vendredi avec les partenaires sociaux.

"Selon les options qui seront retenues, cela pourrait aller jusqu'à un milliard d'euros de plus", observe-t-on au ministère du Travail.

Plus largement, le ministère de l'Economie et des Finances a estimé à 11 milliards d'euros les dépenses mensuelles pour couvrir le fonds de solidarité, le chômage partiel et les exonérations de charges.

Un point positif a cependant émergé aux yeux du patronat: la perspective dessinée par le président de la République d'une réouverture de certaines activités le mois prochain, après un an de restrictions destinées à lutter contre une épidémie qui a fait près de 96.000 morts en France.

Ainsi, la CPME "se félicite qu'une date, même lointaine, ait enfin été annoncée sur la réouverture mi-mai des 'lieux de rencontre, de culture, les restaurants, les cafés'. Cette perspective suscite enfin de l'espoir."

(Myriam Rivet, avec Caroline Pailliez, édité par Bertrand Boucey et Blandine Hénault)

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